Le souffrant, formateur et éclaireur du soignant

C’est par l’écoute de l’être humain souffrant,

Issue de l’attention soutenue du soignant,

Que s’effectue le décryptage de la plainte,

Brisant le mystère dont l’affection est peinte,

La dénichant et exhibant son contenu,

Pour extraire l’affligé de sa déconvenue.

 

De la particularité de chaque cas,

Reflet de la diversité biologique,

Découle le large éventail pathologique,

Caractéristique des divers agrégats,

Que forment les multiples formes cliniques,

Allant de l’habituelle à l’atypique.

 

Se trouvent alors consolidés les acquis,

Assuré l’ancrage des atouts théoriques,

Hissée au firmament la noble pratique,

Exploités les enseignements ainsi appris,

Enrichie et diversifiée l’expérience,

Car idéalisée l’héroïque patience.

 

Soucieux de se rendre intelligible,

Pour une collecte fiable des données,

Avec une clarté qu’apprécierait Boileau

Car à la disposition des fondamentaux,

Le soignant décomplexifie son langage,

S’assurant de sa maîtrise de son bagage,

Le démythifie et le rend accessible,

À travers une pédagogie de partage,

Dont sa démarche est approvisionnée.

 

Par cette approche en faveur du souffrant,

Les concepts et les termes sont revisités,

Le soignant reste un assidu apprenant,

En même temps que le malade est décrypté

Sur les plans anatomique et psychique,

Selon les canons socio-biotiques.

 

Des fructueux entretiens avec le souffrant,

Peuvent résulter des questions sans solutions,

Sortant le soignant de sa zone de confort,

Confirmant son statut d’éternel étudiant,

Que sous-tend l’inoxydable goût de l’effort,

Tout savoir étant voué à la péremption.

 

Le contexte est aussi à considérer,

La médecine étant démocratisée,

La faculté ayant perdu son monopole,

Le digital se passant de tout protocole,

Et le rapport empreint d’horizontalité,

Aux dépens de l’antique verticalité.

 

Les cas du comateux et de l’agonisant,

Objet de réanimation et des urgences,

Et la maladie subitement mortelle

Démasquant l’illusion de la bonne santé,

Illustrent la fragilité de l’existence,

Exhibent l’humaine vulnérabilité,

Élargissent les horizons émotionnels,

Et sapent la conduite en être pensant.

 

Le dépérissement induit par le cancer,

La démence due aux maladies organiques,

L’égarement qu’induit la dégénérescence,

Et les soins issus d’un abord holistique,

Mené de concert par différents confrères,

Reflètent l’inexorable impermanence,

Rappellent les limites de notre condition,

Et suscitent diverses interrogations.

 

Du microcosme que forment ses consultants,

Le soignant perçoit l’humaine complexité,

Apprend constamment de cet être ondoyant,

Indiscernable à dessein ou par réflexe,

Esclave de ses affects en cas de détresse,

Le tout vivifiant en lui l’humilité.

 

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