Docteur, pourquoi suis-je malade ?
Refusant la posture de spectateur passif,
Et désireux de s’inscrire dans le structurel,
Beaucoup plus souvent que dans le conjoncturel,
L’Homme, fort de l’encéphale par lui habité,
S’est constamment attelé à tout décrypter,
Pour être de son destin le meneur actif.
En est illustratif le champ de la santé,
Que peut éroder et saper la maladie,
Dont on se préoccupe de l’étiologie,
Dans une quête d’intelligibilité,
Aux fins d’une prévention quasi-divine,
Et en vue d’un traitement à la racine.
Réceptacle de l’évolution des savoirs,
La médecine, après une longue enfance,
Que domina la pensée métaphysique,
S’est dotée d’un inimaginable pouvoir,
Né de la révolution scientifique,
Qui sapa l’absolutisme de l’ignorance.
Le mystère des maladies fut ainsi trahi,
Particulièrement celles dues aux microbes,
Dont l’agent causal assidument recherché,
Fut par le précieux microscope déniché,
Avant d’être sous le diktat des thérapies,
Hélas d’accès divers à travers le globe.
L’éclaircie ne fut que néanmoins parcellaire,
Le germe, quoiqu’à la maladie nécessaire,
Étant insuffisant à son déclenchement,
Que favorisent de nombreux paramètres,
Diversement mêlés d’un sujet à l’autre,
Liés tant à l’être qu’à son environnement.
Se trouve validé l’abord multifactoriel,
Faisant appel dans la genèse des maladies,
À des déterminants divers et variés,
Interdépendants et agissant en alliés,
Dans une synergie rythmant leur mélodie,
Qu’ils relèvent du social ou de la culture,
De l’économique ou de l’environnement,
De l’aire biologique ou du comportement,
Et à fortiori du champ nutritionnel,
L’acquis et l’inné s’apposant à la nature.
De cette vérité des exemples font foi,
Diverses étant les preuves en pathologie,
Richement documentée étant la clinique,
D’un grand apport étant l’épistémologie,
D’une clarté étant la touche statistique,
Le malade en étant l’axe et le roi.
La défaillance du système immunitaire,
Acquise ou d’origine congénitale,
Est vitale à la survenue de la phtisie,
Que peut mettre à nu une hémoptysie,
Reflet de la virulence de l’agent causal,
Au rôle insuffisant bien que nécessaire,
Selon le cours des maladies transmissibles,
Que Jenner et Hygie rendirent parables.
A l’origine de l’hypertension artérielle,
Archétype d’affection non transmissible,
Participent à des degrés variables,
L’hérédité et son alliée l’obésité,
L‘insécurité et sa fille l’anxiété,
L’état hormonal au-delà de l’essentiel,
L’âge et des dérives peu enviables,
Pour des besoins artificiels et délétères,
Opposés à ceux naturels et nécessaires.
Ainsi, à l’instar de tous les phénomènes,
Toute maladie, puisque polygénique,
Naît d’acteurs endogènes et exogènes,
Oblige à un cheminement systémique,
Aux antipodes de tout abord simpliste,
Boulevard d’une vision réductionniste.


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