Les progrès de la médecine en question
Immense est la contribution des sciences,
Au pouvoir et aux progrès de la médecine,
Hier obscure car d’imprégnation magique,
Aujourd’hui extirpée de sa longue enfance,
La technique se liguant au numérique,
Sans pour autant démanteler ses racines.
Les organes sont décryptés sans dommage,
Par la magie de générateurs d’images ;
Le secret des cellules désormais mis à nu,
Par la biologie qui dissèque sans retenue ;
Des leçons nées d’études multicentriques,
Par le concours de la biostatistique ;
L’espace de la raison sans cesse élargi,
Aux dépens du champ de l’intuition rétréci ;
La faculté dessaisie de son monopole,
Par le numérique exigeant un contrôle ;
Le médecin descendu de son piédestal,
Par un rapport au malade horizontal ;
Et l’éthique médicale en questionnement,
Par des avancées dépassant l’entendement.
Par sa rigueur faite de quantification,
La science a agrémenté la médecine,
De fulgurances souvent entachées d’euphorie,
Vite palliée par le sens de l’observation,
La pratique se mariant à la théorie,
Celle-ci irriguant de celle-là la racine.
Les recherches de Pierre et Marie Curie,
Dont le Nobel récompensa le mérite,
Aboutirent à la naissance de l’imagerie,
Dont on connut par la suite les limites,
Tels l’aspect radio-transparent de la douleur,
L’absence de marque au début d’une tumeur,
L’infirmité à détecter les émotions,
Et le risque d’ionisantes irradiations.
Pasteur ouvrit l’ère de la bactériologie,
Et par ricochet celle de la biologie,
Et sapa l’abord métaphysique d’antan,
En reliant un mal à un agent causal,
Au rôle déterminant bien qu’insuffisant,
Les conditions du milieu étant capitales.
Mue de la révolution qui modifia son cours,
Et dont naquirent les progrès thérapeutiques,
La biologie céda aux sirènes des libertés,
En dissociant sexualité et fécondité,
Par la grandiose épopée de la contraception,
Puis en ouvrant le champ du génie génétique,
Remarquable par ses diverses implications,
Exigeant souvent de l’éthique un fort secours.
Il en est de même de bien d’autres progrès,
Surtout de ceux relatifs à des changements,
Portant sur l’anatomie, le genre ou la lignée,
Résultant parfois d’un besoin individuel,
Et du robot doté d’attributs de soignant,
Agissant sans empathie sur un résigné,
Chosifiant le malade transformé en objet,
Car réduit à son seul composant matériel.
Complexes sont ainsi les enjeux éthiques,
Débordant le strict cadre de la médecine,
Car touchant à tous les pans de la société,
Et dictant d’autres abords thérapeutiques,
Les progrès bousculant la normativité,
Dont sont sans répit à définir les bornes,
Sous la forte pression d’une minorité,
Que subit stoïquement la majorité.

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