Prédire, anticiper et planifier
Le rêve d’anticiper et de prédire,
Né du souci d’avoir prise sur l’avenir,
A toujours caressé l’esprit humain,
Sacralisé la place sociale des devins,
Et doté la futurologie de mystères,
Au-delà de ses attributs utilitaires.
Ce rêve eut le cœur pour initial berceau,
Alors assimilé au foyer des idées,
Avant la prise du relais par le cerveau,
Dont la masse augmenta avec la bipédie,
Au grand dam de la séculaire quadrupédie,
Dont notre lointain ancêtre fut habité.
Des tendances évolutives sont déduites,
De données pour la plupart hétéroclites,
Aux fins d’anticipation et de prédiction,
Venant au chevet de la planification,
Qu’alimente la plus exacte des sciences,
Mais rendue inexacte par l’impermanence.
Est ainsi entachée d’une marge d’erreur,
Toute démarche visant à se projeter,
En prédisant l’avenir et en planifiant,
A partir d’évènements passés et figés,
Dont on croit en la reproductibilité,
Par l’oubli de leur constante unicité,
Par l’effet d’un raisonnement réducteur,
Et par le diktat d’un simplisme débordant.
Par la statistique, science de l’incertain,
Recourant au calcul de probabilités,
Est prise en compte l’imprévisibilité,
Donnant un relief au souci de prédiction,
L’erreur afférente relevant de l’humain,
Et objet, par un intervalle, d’estimation.
La faible faculté de l’Homme à prévoir,
Adossée à son impéritie à prédire,
A causé aux futurologues des déboires,
Permis de dédéifier d’éminents savants,
Servi de socle au collectif budgétaire,
Déjoué les pronostics d’avérés experts,
Démenti la direction anticipée du vent,
Et trahi des sondages à faire frémir.

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