La solidarité au chevet de la gériatrie en Afrique
Véritables encyclopédies culturelles,
Ayant à charge de transmettre leur savoir,
Souvent truffé d’une sagesse intemporelle,
Mais véhiculé sans honoraire ni salaire,
Particulièrement sur le continent noir,
Les personnes âgées, au nombre ascendant,
Forment avec les jeunes d’âge scolaire,
Habituellement issus de leurs descendants,
Le lot des êtres humains sous assistance,
Impactant ainsi le ratio de dépendance.
Ce ratio, plus élevé en Afrique qu’ailleurs,
Du fait de la structure démographique,
Est en outre modulé par d’autres facteurs,
Particulièrement ceux sociologiques,
Pivotant autour de la solidarité,
Censée régenter la vie en communauté.
Palliant les aléas de la pauvreté,
Dont est illustrative la précarité,
La solidarité de partout desservit,
Par la nécessité absolue de survie,
D’abord selon une approche informelle,
Puis dans une démarche institutionnelle,
Servant de socle à l’assurance maladie,
Qui ménage de ses affreuses parodies.
Le partage est de ce fait sacralisé,
Prenant l’ascendant sur la productivité,
En enrôlant de potentiels sujets actifs,
Dédouanés parce qu’irresponsabilisés,
Devenant de leur sort des spectateurs passifs,
Prompts à brandir leur droit à la mendicité.
L’assistance des actifs aux personnes âgées,
Au rôle déterminant dans leur ascension,
Par l’histoire et la géographie partagée,
Relève tant d’une morale obligation,
Que d’un inéluctable retour d’ascenseur,
Avec pour paravent la sociale pesanteur,
Rejetant tout éveil individualiste,
Et magnifiant l’idéal humaniste.
A la sénescence fragilisant leur terrain,
Se joignent des affections qui les tenaillent,
Dépossédant ces gérontes de leur destin,
Désormais mués en bateau sans gouvernail,
Du cerveau étant minée la lucidité,
Des jointures, la souplesse et la mobilité,
Et du cœur, la célérité et la cadence,
Ces handicaps érodant tous l’indépendance.
Indispensable devient alors l’assistance,
Menée avec élégance et sans arrogance,
Sollicitant ceux des descendants généreux,
Sur le double plan affectif et onéreux,
Mais exposée au risque de détournement,
L’être âgé servant de vase communiquant,
Au profit de ceux dépourvus de revenus,
Habités par un égoïsme contenu.
Érodée est parfois la prise en charge,
Destinée à la personne du grand âge,
Avec un tableau possiblement malnutri,
L’entourage n’ayant cure de tirer parti,
Des ressources mobilisées par les actifs,
Tout en affichant un air collaboratif,
Et en brandissant les bienfaits de la bonté,
Carburant du concept de solidarité.
Sujets autant d’empathie que d’attention,
Sont les improductifs dépendant-résignés,
Souvent auréolés du statut de préférés,
Légitimant l’ancrage dans leur position,
Que renforce l’incessant recours à l’aide,
En lieu et place de la censée entraide,
Solidement ancrée dans l’Africanité,
Dont elle a toujours incarné l’identité.

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