L’absence de preuve de maladie n’est pas la preuve d’absence de maladie
Après son enfance multimillénaire,
Dominée par l’approche métaphysique
Et dépourvue de moyens thérapeutiques,
L’art médical fit un bond spectaculaire,
Solidaire qu’il fut des progrès techniques,
Satellites des avancées scientifiques.
Se trouva élargi le pouvoir médical,
À travers l’imagerie et la biologie,
Leviers de la révolution diagnostique,
Intervenant au stade infraclinique,
Et menant à une précoce thérapie,
Garante d’un rétablissement intégral.
Ces examens sont loin d’être infaillibles,
Et peuvent se révéler faussement normaux,
Chez le sujet cliniquement éligible,
Véhiculant un très évocateur tableau,
Celui d’une septicémie par exemple,
Aux hémocultures pourtant négatives,
Justifiant leur pratique itérative.
La biopsie pour cancer de la prostate,
Qu’un fort taux de son antigène justifie,
Que d’anomalies cellulaires certifient
Après examen de ses stades et strates,
Est rendue à mains sites impérative,
Car pouvant être faussement négative.
Évocatrice d’emblée du paludisme,
Car étant à sa sémiologie capitale
Notamment en Afrique intertropicale,
La fièvre peut s’absenter par atypisme,
Provoquant un égarement diagnostique,
Générateur d’un retard thérapeutique.
Intervenant en amont de la tragédie,
Le bilan de santé peut être rassurant
Et brandi avec engouement et euphorie,
Avec des indicateurs sans anomalies,
Au stade infraclinique de la maladie,
Le sujet de son statut étant ignorant,
En raison du silence de ses organes,
Dont on tente d’élucider les arcanes.
Étant une photographie instantanée,
Soumise à la loi de l’impermanence,
Sa faculté de prédiction est limitée,
La mort étant naturelle et spontanée,
Amoureuse de toutes les circonstances,
Et rimant avec imprévisibilité.

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