La perception de la maladie
Longtemps lié au sacré et à la magie,
L’art médical en a gardé des séquelles,
En dépit de son récent abord rationnel,
Et de son pouvoir par la science élargi,
Qui l’a imbibé de son exactitude,
Sur un être hanté par l’incertitude
Que génère son immuable finitude,
Infiltrant sa pensée d’inexactitudes.
De la peur issue de l’inévitable fin,
Résulte celle que charrie la maladie,
Les deux agissant en parfaite synergie,
En exerçant sur l’esprit le même dessein,
Par érosion et anesthésie de la raison,
Au profit d’une perception en érection
Impactant de la maladie la description,
Faite d’analogies et de comparaisons.
Ce dispositif structurel est sans ride,
Et sert aux réactions humaines de guide
Tant au plan individuel que collectif,
En dépit du bouillonnement scientifique,
Auquel résista l’abord métaphysique,
Que nourrit de l’être le volet émotif.
Les réactions collectives aux épidémies,
Celles individuelles face au cancer,
Rapportées dès la plus haute Antiquité,
Faites de stigmatisation et de déni,
De frustrations, de colère et d’anxiété,
Agissent toutes sur le mental de concert.
Important est ainsi l’impact des émotions,
Présentes dans le vécu de la maladie,
Intervenant dans son évolutif génie,
Influencées par le passé du malade
Indissociable de sa vision du monde,
Le tout à considérer sans modération.
Déterminante est aussi la perception,
Sur l’effet de la thérapie administrée,
Fonction de l’idée que s’en fait le malade,
Du mal et de son présumé poids morbide,
Du soignant ainsi que de sa réputation,
Née du couple technicité-humanité.

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