La mort (poème)

Aussi aléatoire que naturelle,
Aussi quotidienne qu’universelle,
Aussi mystérieuse qu’inévitable,
La mort reste difficilement cernable.

Souvent perçue comme opposée à la vie,
Principale racine de son appétit,
Par l’importante moisson jamais assouvi,
Elle caresse et dévore grands et petits.

Absolue monstruosité solitaire,
Imposant souvent un élan solidaire,
Laissant entrevoir à chacun sa propre fin,
La mort foudroie sans égard et avec entrain.

Elle met en exergue l’égoïsme humain,
Moule et module tous les comportements,
Très fortement impactés par l’agonisant
Qui met en éveil dans l’esprit des survivants
Le caractère très imminent du lointain.

Mais vie et mort sont très étroitement liées,
Envers et revers d’une même pièce,
Séparées par une césure de degré,
La seconde perfectionnant l’espèce,
En administrant des leçons au viable
Par son seul caractère indéniable.

Chargé à la fois de mythes et de rites,
Que nourrit notre foi en notre propre fin,
Qui des progrès symbolise la faillite,
Le deuil sert de butin à l’orgueil des humains.

Par son caractère énigmatique,
Source d’inspiration des philosophes,
Concept dont chacun redoute l’apostrophe,
Champ d’exploration des scientifiques
Et axe central des Saintes Écritures,
La mort magnifie l’art de la conjecture.

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