La maladie (poème)

Rappel de notre condition mortelle,
Avertissement martelant l’essentiel,
Faisant redouter le passage à trépas
Car perçue comme antichambre de la mort,
Arrivant au galop et repartant au pas,
La maladie broie autant l’esprit que le corps.

Nous sommes conditionnés par son pronostic,
Très étroitement lié au diagnostic,
Tous réconfortants si elle n’abrège la vie,
Ni n’entrave l’assouvissement des envies.

La douleur en est la sonnette d’alarme,
L’indolence du début, le pervers charme,
La brusque survenue, un coup de tonnerre,
Et les rois du terme, les vitaux viscères.

Sont à la base d’un exact diagnostic
L’écoute active et l’abord physique,
A joindre aux examens paracliniques,
Aux limites bien connues en pratique,
Vu que l’absence de preuve de maladie
N’est pas la preuve d’absence de maladie.

Incontournables aides diagnostiques,
Mais aussi puissants vecteurs thérapeutiques,
L’imagerie couplée à la biologie,
Nées des progrès scientifiques et techniques,
Ont de l’art médical nourri l’anthologie,
Tout en soulevant des questions éthiques.

Le temps distingue l’aiguë de la chronique,
L’anatomie, l’organique de la psychique,
L’issue, la redoutable de la bénigne,
Le gène, l’héréditaire de l’acquise,
La thérapie, la domptée de l’insoumise,
Et le rythme, l’ondée de la rectiligne.

Globale doit être sa prise en charge,
En tenant compte de toutes les dimensions
Et en évitant la chosification,
Qui, au péril de l’humain, étend sa marge.

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