La lutte contre les épidémies : de la nécessité pour les pauvres d’avoir un sort commun avec les nantis

De nombreuses maladies ont jalonné l’histoire de l’humanité dont elles ont parfois impacté la structure démographique. La rapide diffusion à grande échelle d’une maladie caractérise l’épidémie, son ancrage et sa persistance dans le temps caractérisent l’endémie. Une maladie est d’autant plus préoccupante qu’elle abrège la vie ou qu’elle en érode la qualité. L’importante répercussion de certaines épidémies a parfois conduit à les rapprocher ou à les intégrer au chapitre des catastrophes naturelles. Au rang des maladies qui ont marqué ou qui marquent encore d’une empreinte indélébile l’histoire et le vécu de l’homme figurent le paludisme, la peste, la lèpre, la variole, la syphilis, la tuberculose, le choléra, la grippe espagnole, le VIH/SIDA, la maladie à virus Ébola, la méningite cérébro-spinale et la Covid-19.

Toutes ces maladies ont eu comme dénominateur commun d’avoir été à l’origine d’une forte mortalité. Mais elle se distinguent les unes des autres par leur répartition géographique qui dicte l’attention à elles accordée et les ressources mobilisées pour les dépister, les prévenir et les traiter.

Certaines de ces maladies ont fait des ravages durant la longue enfance de la médecine, antérieure à la découverte de leur agent causal. Ces maladies ont été rattachées à la colère des divinités, conformément à la conception métaphysique qui prévalait alors. Il en est ainsi du paludisme, l’une des maladies les plus anciennement connues, qui a eu pour cible l’homme préhistorique avant d’être présent dans les mythologies égyptienne, indienne et chinoise, et de causer la mort d’Alexandre le Grand. Il affecte aujourd’hui des millions de personnes, engendre annuellement des millions de morts, et constitue la première cause de mortalité des moins de cinq ans en Afrique sub-saharienne. Fait capital, le paludisme est aujourd’hui surtout localisé à la ceinture de pauvreté du globe. Connu depuis des millénaires, il épargne pratiquement les nantis dont il ne figure donc pas au chapitre des priorités. Son vaccin reste à découvrir. A l’inverse, le caractère transméditerranéen d’autres maladies, rappelant leur vulnérabilité et leur condition mortelle tant aux riches qu’aux pauvres, a constitué un coup d’accélérateur à la découverte de leur remède et du plus efficace des moyens de prévention, en l’occurrence le vaccin. Ainsi, les premiers cas du SIDA ont été identifiés en 1981, le virus en 1983, et le premier médicament antirétroviral approuvé en 1987. De même, il a fallu seulement quelques mois pour découvrir le vaccin contre la Covid-19, après les premiers cas rapportés en décembre 2019. En outre, le caractère franchement ubiquitaire de cette pandémie a rendu obligatoire la solidarité internationale, les nantis ayant vite pris conscience que leur protection est étroitement liée à celle des pauvres.

Il apparaît ainsi qu’une maladie est d’autant moins invincible qu’elle affecte les nantis et ne focalise pas sa hargne sur les seuls pauvres. Les moyens détenus par les premiers ne doivent pas générer l’envie des seconds. Le devoir de partage imposé aux premiers par l’ignorance qu’ont les germes des frontières, doit les prémunir de la gourmandise et de l’avarice, et les inciter à plus d’humanisme. En somme, les maladies, à travers la peur de la mort qu’elles alimentent et l’égoïsme dont elles nous éloignent, se mettent au service des Saintes Écritures et de ce que les spiritualités ont de plus fécond.

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