Discours prononcé par le Professeur Moustafa Mijiyawa à l’occasion de la cérémonie de remise de diplôme le 02 août 2006 à l’École Nationale des Auxiliaires Médicaux

La cérémonie à laquelle vous nous faites l’insigne honneur de prendre part s’inscrit dans la tradition de notre école et vise à célébrer la remise de diplômes et de distribution de prix. Votre présence parmi nous illustre votre attachement à notre idéal commun qui consiste à transformer un produit de la nature, l’individu biologique, en un produit de l’aventure, la personne humaine. En effet, quoi de plus noble que de participer d’une quelconque manière à cette fabuleuse aventure que sont l’éducation et la formation, fondées avant tout sur la générosité ? Quoi de plus noble que de prêter une oreille attentive à la célèbre formule d’Érasme, selon laquelle on ne naît pas homme, mais on le devient ? Quoi de plus noble que d’avoir constamment conscience que le savoir, tout comme le bonheur, n’a de sens que s’il est partagé ? Quoi de plus noble enfin que d’avoir compris que c’est en aidant l’autre à comprendre que l’on vérifie que l’on a soi-même compris, et surtout que l’on constate n’avoir pas encore tout à fait compris ? C’est pourquoi je me fais l’agréable devoir de vous souhaiter la bienvenue dans ce temple de formation paramédicale, notre maison à tous, l’École Nationale des Auxiliaires Médicaux, dont l’essence et la mission sont bien appréhendées aussi bien par les deux épithètes que par les deux substantifs qui composent sa dénomination.

Monsieur le Premier Ministre,

Madame et messieurs les Ministres,

Mesdames et messieurs les partenaires,

Chers collègues enseignants,

Le vaste mouvement collectif mené ces dernières années de façon concertée a abouti à la rénovation de notre école, tant dans ses structures que dans ses infrastructures, tant dans son contenu que dans son contenant, tant dans la modernisation des anciennes filières que dans la création de nouvelles filières. C’est ici le lieu d’adresser nos remerciements aux responsables de nos deux départements de tutelle ainsi qu’à nos différents partenaires dont l’état d’esprit a constamment été enivré d’esprit d’État. La qualité des rapports avec ces partenaires, empreints de responsabilité et de respect mutuel, pourrait inspirer nombre de relations entre institutions du Nord et institutions du Sud.

L’ouverture de la filière d’orthophonie est une des éloquentes illustrations de ce partenariat. Ainsi, dix des lauréates et lauréats ici présents sont issus de ce département dont la vocation régionale est justifiée par le fait qu’il s’agit du premier du genre en Afrique noire francophone. Destiné à former des agents devant prendre en charge les patients souffrant des troubles de la communication, il obéit à un vieux rêve de l’humanité, celui de bien communiquer, remarquablement illustré par Démosthène, magnifiée par Cicéron et confirmé par Bossuet.

L’apothéose de l’aménagement des infrastructures est représentée par la salle informatique et la bibliothèque dont la mise en place renforce nos capacités de modernisation pédagogique, par le défi que l’imprimerie et l’informatique infligent respectivement au temps et à l’espace.

Chers collègues enseignants,

La vision que nous avons en partage a été à l’origine d’une sincère collaboration que je me plais à saluer. Cette vision partagée était indispensable à une utilisation rationnelle des moyens mis à notre disposition. Votre collaboration a permis la mise en œuvre d’une politique de modernisation pédagogique, fondée sur la participation active de l’apprenant, aux dépens des méthodes passives où l’enseignant, exclusif détenteur du savoir, soumet l’apprenant à une perfusion de connaissances. Votre adhésion à la modernisation de notre système de formation est notamment illustrée par l’élaboration de polycopiés, couvrant aujourd’hui plus de 60% de nos cours. Une autre vision partagée est celle qui consiste à faire de nos élèves d’éternels apprenants, conscients que nous sommes de l’obsolescence rapide des connaissances, et donc de la nécessité absolue d’une auto-formation continue.

Chères lauréates et chers lauréats,

Par votre formation, vous venez de franchir la première étape de la vie qui en comporte cinq : apprendre à faire, faire, montrer comment faire, faire faire, et laisser faire. En accédant au marché du travail, vous aborderez la deuxième étape, faire. La bonne pratique de soins est indissociable du respect de la personne humaine. Les patients que vous aurez à prendre en charge ont besoin d’écoute, d’attention et de compréhension. Vous ne devez être ni antipathiques, ni apathiques, ni sympathiques, mais plutôt empathiques. En faisant preuve d’empathie et de lucidité et en gardant la bonne distance, vous ferez montre de ce que Jean Rostand appelle une hygiène préventive du raisonnement. Cette hygiène, fondée sur un constant recours au discernement, est nourrie par un terrain spirituel permettant de garder le juste milieu entre scepticisme et crédulité. Vous vous inscrirez ainsi dans une vision holiste de la personne souffrante, en agissant parfois localement, mais en pensant toujours globalement. Vous serez ainsi en phase avec la pensée hippocratique résumée dans le premier aphorisme du père de la médecine : « La vie est brève, l’occasion fugitive, l’art long, l’expérience trompeuse, le jugement difficile. »

Monsieur le Premier Ministre,

Madame et Messieurs les Ministres,

Chers partenaires,

Chers parents d’élèves,

Chers collègues enseignants,

Chers invités,

Par vos actions diverses et variées, vous nous avez aidé à former ces élèves et à organiser cette cérémonie. Vos multiples actions sont nées de l’idéal que nous avons en partage. Je vous en remercie sincèrement au nom de notre école. Je voudrais formuler à vous tous et à nos élèves, désormais collaboratrices et collaborateurs, l’accès à un autre idéal, qui relève plus de l’imagination que de la raison, dont les contours et le contenu sont aussi variables qu’imprécis, mais qui a alimenté aussi bien le cours de l’Histoire que l’inspiration et l’imagination des plus grands, le BONHEUR.

Je vous remercie de votre bienveillante attention.

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