La maladie, la médecine et le temps
Aussi indissoluble qu’indestructible,
Aussi scellée et exaltée que redoutée,
Aussi cosmopolite qu’irrésistible,
Dotée d’un sens porté par la sacralité,
L’alliance de la maladie avec le temps,
Est de l’étiologie un facteur impactant.
Ce lien reste corroboré dans tous les cas,
Pour le temps qu’il fait, définissant le climat,
Pour le temps mesurable, alors objectif,
Pour le temps perçu et vécu, donc subjectif,
Et pour le temps lié au constant changement,
Parce que soumis au diktat du mouvement.
Par leur morbidité et leur mortalité,
Les parasitoses couplées aux infections,
Aujourd’hui satellites de la pauvreté,
Profitèrent de la sédentarisation,
Pour frapper notre ancêtre néolithique,
Et ouvrir l’ère des épidémies mythiques,
Au dévastateur tribut démographique,
Comme relaté dans les écrits bibliques.
La malaria prédomine en saison de pluies,
Dont le choléra figure parmi les fruits ;
L’harmattan fait le lit de la méningite,
À l’orée du temps dont la rougeole profite ;
La sécheresse charrie diverses infections,
Qu’amplifie l’humidité par inhalation.
Le temps objectif structure les maladies :
La vie fœtale, les maladies congénitales ;
L’enfance, les affections de la croissance ;
L’âge adulte, l’hypertension artérielle,
Le diabète et les maladies mentales ;
Et le vieillissement, la dégénérescence.
La durée oppose les maladies aiguës,
Impressionnantes car survenant aussitôt,
Déroutantes car relevant de l’inconnu,
Méprisantes car rongeant la certitude ;
Aux maladies chroniques de longue durée,
Défiant le temps et s’installant incognito,
Martelant le diktat de la servitude,
Et faisant appel à un suivi structuré.
La maladie moule la perception du temps,
Qui perd sa quantification objective,
Auréolé de sa dimension subjective,
Allongé dans l’esprit du malade souffrant,
Et abrégé dans la pensée du bien portant,
Tout en restant impassiblement démontant.
La magie au règne multimillénaire,
Nourrie de la conception métaphysique,
Objet d’une répartition planétaire,
Domina longtemps la dispensation des soins,
Avant la splendide saga scientifique,
Qui l’infiltra d’un indispensable appoint.
Nantie par la science d’un pouvoir élargi,
Lui permettant de doper la durée de vie,
En s’apposant strictement à la nature,
En phase avec la commune culture,
La médecine, forte de ses réussites,
Cède aux sirènes d’idées inédites,
Que nourrit une extension des libertés,
Et dont elle permet la concrétisation,
Via un changement de configuration,
Voire une modification d’identité,
Faisant le lit d’interrogations éthiques,
Comme celles liées au génie génétique.
Face à un mal non encore élucidé,
Mettant en exergue notre fragilité,
Le temps reste un incontournable allié
De la collecte rigoureuse des données,
Pour en permettre le serein décryptage,
Que conditionne un exact dépistage.
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