La lucidité au service du discernement

Situé aux antipodes de la confusion,

Plus apposé à la fission qu’à la fusion,

Et étroitement associé à la nuance,

Le discernement naît de la lucidité,

Que nourrit de l’intellect la vivacité,

Déployée au service de la clairvoyance.

 

Clé de voûte du diagnostic différentiel,

Il met l’esprit à l’abri de l’égarement,

Accorde sa juste place à l’essentiel,

Combat la dispersion avec acharnement,

La superficialité avec dévouement,

Et la manipulation sans ménagement.

 

Le conditionnement né de l’éducation,

Détermine le canevas conventionnel,

Avec la vertu pour point gravitationnel,

Pour doter l’individu d’yeux de Corneille,

Qui voient en ses semblables une merveille,

À qui il donne le bon Dieu sans confession

En les imaginant tel qu’ils devraient être,

Le vrai étant surplombé par le paraître.

 

L’idéal promu subit le joug des intérêts,

Guides et architectes des comportements,

Ardents colonisateurs du raisonnement,

Adeptes du silence et ennemis du bruit,

Obligeant le recours aux yeux de Racine,

Par lesquels la lucidité s’enracine,

Pour dénicher au-delà du masque le vrai,

Tout être se préférant toujours à autrui.

 

Par le discernement érigé en digue,

Et l’impermanence sans cesse en exergue,

Notamment dans le domaine relationnel,

Que régentent les intérêts circonstanciels,

Est exhibée la face cachée de l’amitié,

Vraie jumelle d’une conditionnelle loyauté.

 

La perpétuelle université qu’est la vie,

Souvent soumise à la loi de la jungle,

Charrie de pertinentes leçons de choses,

Aidant à distinguer le vernis de l’ongle,

À décrypter le sourire porteur d’envie,

À connecter la conséquence à sa cause,

À dissocier l’admiration de l’affection,

Et la réalité de la manipulation.

 

L’attachement de l’homme à ses intérêts,

Formate et structure son comportement,

Aiguise sa propension au déguisement,

Moule et module l’image qu’il revêt,

Enrichit la perception dont il est l’objet,

Tant dans l’idéalisation que dans le rejet.

 

Le jugement est ainsi rendu difficile,

Par la complexité de toute posture,

Toujours adhérente à une imposture,

Aux multiples facettes et tentacules,

Toutes agissant contre l’éclosion du vrai,

Mais œuvrant à la germination de l’ivraie.

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