Conférence du Professeur Moustafa Mijiyawa sur la formation en sciences de la santé, délivrée le 25 mars 2026 à l’occasion de la célébration des 10 ans de la Faculté des sciences de la santé de l’Université de Kara
Le 25 mars 2026 au Palais des Congrès de Kara, le Professeur Moustafa Mijiyawa a donné une conférence, à l’occasion de la célébration des 10 ans de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de Kara. Cette conférence a eu trait à la formation en sciences de la santé à travers l’histoire et la géographie. Ont été abordées les exigences de cet apprentissage, faites d’une réelle vocation et d’un fort engagement de l’apprenant, de la niaque, d’un goût immodéré pour les humanités, et d’une approche holistique au service de l’homme total. Le résumé et le diaporama de cette conférence sont publiés ci-dessous.
Se former en sciences de la santé répond à la quête constante de palliatifs à notre inévitable finitude, par ajout des années à la vie et de la vie aux années. Élargir l’espace de la santé et reculer les frontières de la mort ont toujours été une priorité de toutes les civilisations, de toutes les cultures et de toutes les gouvernances. Deux impératifs sont afférents à la formation en sciences de la santé : celui en lien avec la santé (qui nourrit tous les secteurs mais dont elle se nourrit simultanément et invariablement) et celui en lien avec l’enseignement (qui est indissociable de l’évolution de la pensée médicale et satellite de celle pédagogique).
Dans toutes les sociétés, la conception métaphysique de l’origine de la maladie a longtemps servi de socle à la transmission familiale de l’art de soigner. Le poids de la magie puis du religieux a longtemps mis la médecine sous la tutelle de la première, et la faculté sous la coupe du second. Les critères de sélection, longtemps basés sur les humanités, ont résisté à la théorie de l’arborescence de Descartes. Ce n’est qu’au lendemain de la révolution scientifique et technique (qui a donné une base rationnelle à la médecine) que les sciences exactes sont devenues le critère majeur de sélection des futurs agents de santé. Cette approche a été auréolée par les fulgurantes avancées en imagerie, en biologie, en thérapeutique et en chirurgie, ainsi que par l’apport du numérique qui permet aujourd’hui de défier l’espace. Par ces avancées, la médecine, longtemps apposée à la nature, tente aujourd’hui de s’y opposer, posant d’énormes problèmes éthiques, « la science ayant fait de nous des dieux avant même que nous méritions d’être des hommes ». (Jean Rostand).
Ayant pour champ d’application l’homme (qui n’a jamais été un être exact et qui est toujours connecté à son temps et à son espace), la quête de la santé et la formation y afférente exigent la prise en compte de tout, à travers l’acquisition et la maîtrise des humanités. Celles-ci, issues des enseignements primaire et secondaire, servent de socle à la culture générale à laquelle s’agrippe la formation en sciences médicales ou paramédicales imbibées de sciences exactes, le tout formant un ensemble cohérent et intelligible. Les unités d’enseignement, faites des aspects du normal et du pathologique de l’Homme, doivent être abordées de façon homogène et intégrée et sans cloisonnement, en accordant le prix qu’elle mérite à la compréhension facilitatrice de la rétention.
Doit ainsi être élevé au rang du sacré le savoir, et hissée au rang de religion la culture générale. On se met alors en phase avec le philosophe, théologien et médecin Maïmonide, qui formulait le vœu d’être modéré en tout, mais insatiable dans la quête de la connaissance et de l’expérience. Par la niaque, résultant de la passion associée à la persévérance, on prend en compte son unicité, on élargit le champ du possible en exploitant au maximum ses potentialités, on se focalise sur l’apprentissage et l’exercice de son métier en se gardant de la dispersion chronophage et toxique, on résiste à la formulation constante de plaintes, on se construit des modèles contemporains ou historiques, le tout permettant d’agir en éternel apprenant et en professionnel aguerri, apte à augmenter son taux d’utilité sociale.
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