Avoir plus ou être plus ?
Au rang des désirs occupant l’esprit humain,
Rapportés par Épicure dès l’Antiquité,
Et convoitant la satisfaction des besoins,
Figurent ceux à la fois naturels et nécessaires,
Ceux naturels mais exempts de nécessité,
Et ceux non naturels et non nécessaires.
Le désirs naturels et nécessaires sont vitaux,
Venant au secours des besoins fondamentaux,
Pour répondre aux normes physiologiques,
Et préserver des risques pathologiques,
Par le fonctionnement des nobles organes,
Dont sont ainsi mises à nu les arcanes.
Il en est ainsi de manger et de boire,
De respirer, de dormir et de se vêtir,
Alliés intimes de la vie et de la survie,
Dont la satisfaction n’épargne pas l’esprit,
Et la carence rime avec la pauvreté,
Qui de la victime tarit l’humanité.
Aux antipodes des désirs indispensables,
Tant par le coût que par la finalité,
Se situent ceux foncièrement artificiels,
Car n’étant ni nécessaires ni naturels,
Mais cédant aux sirènes de la société,
Avec des exigences peu assouvissables.
De cette classe de besoins et de désirs,
Relèvent le goût de l’honneur et du pouvoir,
L’enrichissement et la soif de la gloire,
La distraction et ses satellites plaisirs,
Au mépris parfois des vertus salvatrices,
Que protègent des règles inhibitrices.
Ces désirs sont corrosifs pour le bien-être,
Par leurs multiples et variées conséquences,
Qu’amplifie le déni de l’impermanence,
Qu’hypertrophie la primauté du paraître,
Que charrie l’attrait de la matérialité,
Que nourrit la narcissique fragilité,
Qu’exalte et enfle l’insatiabilité,
Qu’enlace et bonifie l’ingratitude,
Que draine la volontaire servitude,
Que vivifie la quête de validation,
Que magnifie l’instinctive comparaison,
Que valorise l’extinction de la raison,
Qu’aiguise l’infirmité au détachement,
Que ravive l’ouragan de l’égarement,
Et qu’enracine le diktat des émotions.
Les désirs naturels et non nécessaires,
À cheval sur les deux autres catégories,
Combinant l’essentiel à la préférence,
Tirant du lot de celui-ci un favori,
Notamment dans le secteur alimentaire,
Sont à assouvir avec parcimonie,
Étant sans réel effet sur l’existence.
Ce classage, issu de la lucidité,
Contribue à se construire et à grandir,
L’esprit focalisé sur le contrôlable,
L’importance accordée à l’indispensable,
Et le rejet affecté aux futilités,
Le tout illuminant le terrain des plaisirs.

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